Bogota (Colombie), correspondance
« C’est une catastrophe » : la voix de Gustavo Valencia, militant environnemental du département du Caquetá, dans le sud de la Colombie, se serre au téléphone. « Je ne comprends pas comment nous avons pu permettre l’élection de quelqu’un dont le seul intérêt est d’arriver au poumon du monde pour en extraire et en détruire les ressources naturelles. »
Après quatre années de politiques environnementales ambitieuses portées par le président sortant de gauche, Gustavo Petro, la Colombie a choisi la rupture, d’après les résultats provisoires. Abelardo de la Espriella, avocat millionnaire aux affinités assumées avec Donald Trump, Javier Milei, le président argentin, ou encore celui du Salvador, Nayib Bukele, a battu — avec 49,70 % des voix, contre 48,70 % — le candidat de gauche Iván Cepeda, selon le premier décompte, dans un pays profondément polarisé.
« Désormais, il va falloir se battre pour conserver les conquêtes de ces dernières années », prévient Rosario Rojas, professeure spécialisée sur les conflits environnementaux à l’université nationale de Colombie, à Bogota. Sous Gustavo Petro — qui ne pouvait pas se représenter pour un second mandat —, la Colombie s’était placée à la pointe du mouvement mondial pour la sortie des fossiles. « C’était la première fois que l’environnement occupait une place centrale dans le discours politique ici », salue Rosario Rojas.
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Durant ces quatre ans, la Colombie avait fait de la sortie des combustibles fossiles une priorité : depuis l’arrivée au pouvoir de Gustavo Petro en août 2022, aucun nouveau contrat d’exploitation d’hydrocarbures n’avait été signé. Abelardo de la Espriella entend tout inverser, notamment en étendant l’exploration gazière et pétrolière et en développant…
Auteur: Camille Bouju

