Allô… la Chine ? Entre silence stratégique et ambitions globales, que peut faire Pékin dans un Moyen-Orient en feu ?

« Allô… la Chine ? » La question a semblé flotter dans les chancelleries durant la guerre entre Israël et l’Iran. Si les lignes ont chauffé à Washington, Paris ou Moscou, celle de Pékin est restée désespérément « hors réseau ». Et son silence, autrefois vu comme une forme de sagesse, commence à être interprété comme une fuite. Dans un monde où l’on attend des puissances qu’elles prennent position, la Chine pourra-t-elle jouer la carte de la retenue sans se voir mise à l’écart ?


À mesure que le Moyen-Orient se transforme sous l’impact des rééquilibrages mondiaux, Pékin tente de consolider sa présence dans la région à travers des relations économiques avancées et la protection de ses voies commerciales, tout en appliquant sa politique de non-ingérence. Pour l’instant, la Chine avance à pas feutrés. Elle refuse de choisir entre les blocs rivaux, préférant signer des contrats tous azimuts et multiplier les investissements – une manière de garder de bonnes relations aussi bien avec l’Arabie saoudite qu’avec l’Iran, avec Israël qu’avec la Palestine, avec l’Égypte qu’avec le Qatar, sans provoquer de ruptures diplomatiques majeures.

Cette approche est aujourd’hui particulièrement mise à l’épreuve : guerre à Gaza, effondrement du régime syrien, affrontements entre Israël et le Hamas, le Hezbollah, les Houthis, guerre entre Israël et l’Iran, tensions autour du détroit d’Ormuz, sans oublier le retour en force des États-Unis.

Le paradoxe de l’équilibre silencieux : Pékin face au dilemme Iran–Israël

Face au conflit opposant l’Iran à Israël, la diplomatie de la Chine oscille entre une rhétorique de neutralité et un pragmatisme aligné sur ses intérêts structurels. Si elle reste fidèle à sa doctrine fondamentale de non-ingérence, de respect de la souveraineté et de résolution pacifique des différends, cette approche se traduit dans la pratique par une…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Nadine Loutfi, Sciences politiques, Université Libre de Bruxelles (ULB)