Alternative au béton : « Ce n'est pas un problème de faire des habitats collectifs avec de la terre »

La construction est un des secteurs de l’économie parmi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre. Le bilan environnemental du béton en particulier n’est pas joyeux. « On extrait beaucoup de sable et de granulats, on les mélange avec du ciment, très émetteur en CO2, et on produit un déchet en grande quantité : la terre », explique Erwan Hamard, chercheur à l’université Gustave-Eiffel sur le campus de Nantes. Des milliers de mètres cubes de terre sont transportés chaque année en camion pour être stockés dans des carrières de plus en plus lointaines. La terre est pourtant un matériau de construction en soi.

Formé à la maçonnerie conventionnelle, autrement dit au béton et aux parpaings, Nicolas Meunier ignorait tout de la construction en terre en partant au Mali pour son service national en 1981. « C’est là que j’ai pris conscience de l’intérêt économique, écologique et social des matériaux traditionnels », témoigne le maçon. La terre crue est disponible en abondance localement, elle n’est généralement pas transformée, elle ne produit pas de déchets et elle est recyclable à l’infini. Difficile de trouver un matériau plus écologique.


Cloison en torchis, un mélange de terre et de paille © RA2
Un bâtiment de bureaux en terre et paille à Fabrègues, dans l’Hérault © RA2

Longtemps considérée comme le matériau du pauvre, la terre apporte en réalité un grand confort de vie. Constitués en partie d’argile, les murs en terre ont la capacité d’absorber la vapeur d’eau présente dans l’air, ce qui régule l’humidité et la température. Un mur en terre fonctionne comme un être vivant. Lorsqu’il fait chaud, l’eau naturellement contenue s’évapore et refroidit les murs. À l’inverse, la condensation limite la baisse de température en hiver.

La durée de vie des bâtiments en terre largement supérieure aux immeubles en béton

En rentrant en France, le jeune maçon décide de mettre en pratique sa découverte. « À l’époque, j’étais l’affreux petit canard. Personne ne faisait ça », se souvient Nicolas Meunier. En 1985, il participe à un projet à Villefontaine, à une trentaine de kilomètres de Lyon. L’objectif ? Construire en terre une soixantaine de logements sociaux. En 1995, il reconstruit un immeuble de trois niveaux en plein cœur de Montbrison, dans le département de la Loire, en terre crue . « Ce n’est pas un problème de faire des habitats sociaux ou collectifs avec de la terre », assure Nicolas Meunier. Vingt ans après…

La suite est à lire sur: www.bastamag.net
Auteur: Lola Keraron

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