Cela ne s’arrête pas là
Ce 14 juillet 2025, vers 22h30, Aly, adolescent de 17 ans, sort de chez lui à Garges-lès-Gonesse pour faire une course. Alors qu’il marche dans la rue, une voiture banalisée de la police se porte à sa hauteur. Aly entend distinctement l’un des policiers dire : « Lui, on va le niquer. » Pris de panique, Aly tente de fuir, avant d’être rapidement rattrapé, battu violemment dans le véhicule de police, puis abandonné dans une forêt en pleine nuit. Avant de le laisser sur place, les policiers lui dictent une phrase à répéter : « Si on te demande, qu’est-ce qui t’est arrivé ? Tu es tombé. »
L’ironie tragique veut que cet événement survienne précisément le jour de la célébration de la prise de la Bastille, symbole historique de la libération et de la contestation de l’autorité arbitraire…
Cette scène, rapportée par la sœur d’Aly et corroborée par les images diffusées sur les réseaux sociaux, ainsi que par les interventions publiques de plusieurs députés de La France insoumise, est loin d’être un fait isolé ou une dérive accidentelle. Elle se place au cœur d’un agencement précis de violences spatialisées, symboliques et discursives, où la brutalité policière s’exerce au-delà même des coups portés : elle opère dans la géographie, dans le langage, dans la mémoire.
La forêt, ici, n’est pas simplement un lieu choisi au hasard. Elle porte en elle une signification historique profonde. Depuis longtemps, la forêt incarne, dans l’imaginaire occidental, un espace d’indétermination, d’invisibilité et d’abandon. Lieu hors droit, elle est historiquement associée aux figures du sauvage, du hors-la-loi, du non-civilisé. Elle constitue un espace politiquement produit d’effacement, de relégation, d’impunité. En y déposant un adolescent racisé après l’avoir battu, les policiers n’agissent donc pas seulement dans un but pragmatique – éviter…
Auteur: dev

