Amalgame et détournement d'héritage : « France-Tibet » se déshonore — André LACROIX

18 octobre 1860 : pillage et incendie du Palais d’été près de Pékin

Il s’agit là d’un des « faits d’armes » parmi les plus honteux jamais commis par l’Occident sur le sol chinois – dont ou pourra trouver la description précise sur le site « Herodote.net ». Rappel des faits.

En septembre 1860, 3000 Français et autant d’Anglais débarquent dans le golfe de Bohai. Le 13 octobre, ce corps expéditionnaire arrive à Pékin d’où s’est enfuie la cour impériale.

Le 6 octobre au soir, un détachement français a atteint le Palais d’Été (ou Yuanming yuan, Jardin de la clarté ronde). Cette splendide résidence des empereurs mandchous ou Qing, à la construction de laquelle ont participé des Jésuites, renferme de vastes collections d’œuvres d’art et des livres de grande valeur.

Les Anglais ayant rejoint les Français, ensemble, ils dévalisent méthodiquement le palais en vue d’approvisionner les musées d’Europe. Les Français envoient en cadeau certains objets de valeur à l’impératrice Eugénie, patronne de cette glorieuse expédition en terre chinoise.

Mais les soldats, qui ne sont pas insensibles à ces trésors, se servent pour leur propre compte. Jade, or, laque, perles, bronzes… tout suscite la convoitise des pillards. Les contemporains appellent cet acte de vandalisme caractérisé du doux euphémisme de « déménagement du Palais d’Été ».

Avant de quitter les lieux, les soldats britanniques mettent le feu aux bâtiments, majoritairement construits en bois de cèdre, sur ordre de l’ambassadeur britannique, lord Elgin, qui veut ainsi venger les prisonniers torturés à mort par les Chinois.

Avec le sac du Palais d’Été, l’Occident réduit à néant pour longtemps la possibilité de relations de confiance avec la Chine. Traumatisée par cet épisode, elle doit signer de nouvelles conventions avec les vainqueurs en complément du Traité de Tianjin de 1858. Outre la création de concessions supplémentaires, elle doit octroyer aux vainqueurs la liberté de circuler sur les fleuves, leur verser de fortes indemnités et supprimer les droits de douane pour les textiles britanniques.

Le 25 novembre 1861, Victor Hugo stigmatise la barbarie anglo-française

Dans une lettre adressée au Capitaine Butler, Victor Hugo va sauver l’honneur de l’Occident en prenant le parti des civilisés, les Chinois contre les barbares, les Anglo-Français. C’est ce texte de haute tenue, republié dans Le Monde diplomatique d’octobre 2014, p. 18 (2), que cite en entier « France-Tibet » :

Hauteville House,…

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Auteur: André LACROIX Le grand soir

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