« On n’est pas réputé pour être à la botte du patron, on est réputé pour être le caillou dans leur chaussure, alors, on ne se laissera pas faire. » S’ils voulaient s’en débarrasser, c’est raté. De retour au travail, Tatiana Campagne ne compte pas se laisser intimider. Licenciée en août 2025 pour faute grave – la direction lui reprochait des messages injurieux envers une DRH envoyés sur une boucle de discussion – l’agente logisticienne et syndicaliste Sud-Solidaires a retrouvé son poste de travail et ses mandats d’élue syndicale en mars dernier.
Son licenciement, confirmé une première fois par l’inspection du travail, a finalement été invalidé par le ministère du Travail, qui a pointé le caractère « privé » de cette boucle de discussion, « qui ne peut dès lors constituer un manquement aux obligations des employés », selon l’avis du ministère, que Basta! a consulté. D’autant que cette boucle, intitulée « Élus-ES/mandates 2023 », était destinée à des échanges entre syndicalistes. Des collègues auraient divulgué son contenu à la direction.
« On vit la répression depuis qu’on a réussi à les faire fermer »
Selon nos informations, confirmées par Amazon, l’entreprise conteste désormais la décision du ministère du Travail et va faire appel pour licencier définitivement Tatiana Campagne. Elle et ses collègues syndicalistes en sont sûrs, Amazon leur fait payer la mobilisation qu’ils ont organisée en 2020, pendant la pandémie de Covid-19, qui a mené à la fermeture provisoire de leur site. « On vit la répression depuis qu’on a réussi à les faire fermer, assure Jérôme Guillain, secrétaire Sud-Solidaires à Lauwin-Planque, commune qui abrite une vaste plateforme Amazon en périphérie de Douai (Nord). Lui-même est menacé de licenciement depuis le 26 mars dernier.
En 2020, en plein Covid, des syndicalistes de Solidaires, de la CGT, de FO et de la CFDT se mobilisent…
Auteur: Simon Mauvieux

