Derval (Loire-Atlantique), reportage
« Ça me révolte qu’un projet d’une telle ampleur ait été caché par les élus. » Sylvie Le Male habite en lisière de Derval, commune rurale de 3 600 habitants, dans le nord de la Loire-Atlantique. À proximité de la quatre voies entre Nantes et Rennes, sa localisation a attiré l’intérêt d’Amazon.
L’entreprise étasunienne a annoncé le 1ᵉʳ juin l’implantation d’une gigantesque plateforme logistique (69 000 m², soit près de 10 terrains de football), dont l’inauguration est prévue fin 2027. Sur place, cette installation n’est pas du goût d’un groupe de riverains et d’habitants réunis autour de la préservation de l’environnement.
Jeudi 23 juillet, un peu plus d’une trentaine d’entre eux ont occupé le parking de la mairie de Derval, en marge du conseil municipal. Celui du mois de juin, prévu la veille de leur précédent rassemblement, avait été annulé. En plein été, les opposants souhaitaient montrer qu’ils attendent toujours des explications sur le silence du maire (divers droite), Dominique David.
L’implantation d’une plateforme logistique n’est pas une surprise. L’aménagement du parc d’activités des Estuaires le prévoyait, ainsi que l’enquête publique associée, en 2023. Mais le nom de l’entreprise venant s’installer a été tu jusqu’au mois de juin 2026. Une fois tous les délais réglementaires passés et les travaux de terrassement commencés.
La stratégie a été payante pour Amazon, qui cherchait depuis une décennie à ouvrir en Loire-Atlantique une plateforme logistique pour couvrir l’Ouest. Des mobilisations ont eu raison en 2021 de son projet précédent à Montbert, au sud de Nantes.
Encore avant, l’entreprise du milliardaire étasunien Jeff Bezos avait tenté de s’implanter au Loroux-Bottereau et à Grandchamp-des-Fontaines, à proximité du projet d’aéroport du Grand Ouest contesté sur la zad de…
Auteur: Mathilde Doiezie

