Les fraudeurs ont trouvé le bon filon
Site d’orpaillage illégal sur le territoire autochtone Sararé, portant atteinte aux droits et aux conditions de vie du peuple Nambikwara. État du Mato Grosso, août 2024. © Fabio Bispo / Greenpeace
Au cœur du système de fraude mis en lumière par l’enquête : les permis d’exploitation dite artisanale (Permissão de Lavra Garimpeira) délivrés par l’Agence brésilienne des mines, instaurés au départ pour réglementer l’orpaillage à petite échelle. Le problème, c’est que ces permis sont accordés sans études géologiques préalables qui permettraient d’avoir une idée du potentiel de production d’un site. Ainsi, il n’existe aucun moyen fiable de vérifier si les volumes d’extraction déclarés aux autorités pour un site donné sont réalistes, ou s’ils sont artificiellement gonflés pour donner une existence officielle à l’or extrait illégalement dans des zones où l’exploitation est interdite, comme les territoires autochtones et ou les aires protégées. Sans ce stratagème, l’or illégal n’aurait aucune valeur commerciale… Greenpeace Brésil a analysé 187 permis d’exploitation minière délivrés entre 2018 et 2026, parmi lesquels 98 étaient des permis dits artisanaux (PLG) présentant des signes d’irrégularités, et concentrant 97 % de l’ensemble de l’or déclaré. Au total, ceux-ci ont généré l’extraction de 25,3 tonnes d’or déclarées, pour une valeur d’environ 3,14 milliards d’euros.
Conséquences environnementales et sociales
Des représentant·es des peuples autochtones et des activistes de Greenpeace Brésil mènent une action non-violente devant une usine de Hyundai, à Itatiaia, qui fournit des pelleteuses utilisées pour l’orpaillage illégal. État de Rio de Janeiro, avril 2023.© Tuane Fernandes / Greenpeace
Les conséquences de ce système s’étendent bien au-delà des sites miniers eux-mêmes. D’après…
Auteur: Greenpeace France

