Améliorer l’être humain afin qu’il soit plus performant ? Tel est le projet – néfaste – du transhumanisme

Les tenants du transhumanisme nourrissent l’ambition d’améliorer l’être humain afin d’accroître ses performances. Ils œuvrent ce faisant surtout à la création d’un humain en parfaite adéquation avec les logiques du capitalisme. Il est essentiel de poser un regard sociologique critique sur ce mouvement, lequel parait moins accomplir une quelconque évolution, que consacrer un renoncement politique aussi radical que préoccupant.

Ayant pris son essor au début des années 90 aux États-Unis, le transhumanisme désigne un mouvement de pensée influent, rassemblant une diversité d’acteurs, d’entrepreneurs, de chercheurs ou encore de philosophes qui partagent une même ambition : améliorer l’être humain et ses performances physiques, intellectuelles et émotionnelles grâce aux avancées technoscientifiques et biomédicales. L’objectif ultime ? Accéder à un nouveau stade de notre évolution où l’être humain pourrait vivre éternellement, émancipé de toute forme de déterminisme biologique.

Objet d’une véritable fascination, le transhumanisme s’est imposé comme un sujet de société aussi inévitable que controversé. Cristallisant les espoirs, les angoisses, mais aussi les fantasmes de notre époque, il suscite des déclarations toujours plus sensationnalistes.

« Les surhommes qui verront le jour dans les cent ans à venir se différencieront sans doute davantage de nous que nous différons de l’homme de Néandertal ou du chimpanzé », pouvait ainsi affirmer en 2017 l’historien israélien Yuval Noah Harari.

Derrière ces grands discours et les effets d’annonce des entrepreneurs de la Silicon Valley – berceau du mouvement – il apparaît nécessaire d’interroger le sens et la portée sociale et politique des promesses transhumanistes. Sociologue et politologue, professeur d’université (HEC Montréal), je travaille depuis de nombreuses années sur ce mouvement de pensée auquel j’ai consacré…

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Auteur: Nicolas Le Dévédec, Sociologue et politologue, spécialiste des enjeux sociaux, politiques et écologiques soulevés par le transhumanisme, HEC Montréal

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