Anarchisme et amoralisme

Article d’Errico Malatesta paru dans Le Réveil anarchiste, n° 906, 8 septembre 1934

« Il n’est pas rare de trouver des « anarchistes » ou se disant tels, qui nient la morale. […] Ils oublient que, dans la morale courante, à côté des règles inculquées par les prêtres et les patrons pour assurer leur domination, il s’en trouve d’autres, qui en forment même la majeure partie et la plus substantielle, sans lesquelles toute existence sociale serait impossible ; ils oublient que se révolter contre toute règle imposée par la force ne veut nullement dire renoncer à toute retenue morale et à tout sentiment d’obligation envers les autres ; ils oublient que pour combattre raisonnablement une morale, il faut lui opposer, en théorie et en pratique, une morale supérieure ; et ils finissent quelquefois, leur tempérament et les circonstances aidant, par devenir amoraux — immoraux dans le sens absolu du mot — c’est-à-dire des hommes sans règle de conduite, sans critérium pour se guider dans leurs actions, qui cèdent passivement à l’impulsion du moment. « 

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