Il aura fallu moins de quarante-huit heures pour rebattre les cartes. Dimanche soir encore, Paris semblait s’acheminer vers une quinquangulaire incertaine. Mardi matin, la capitale se réveille avec une configuration resserrée, presque classique, mais infiniment plus fougueuse : un triangulaire structurante, et une droite rassemblée… sans en avoir tout à fait l’air. Au cœur de cette séquence politique, un double mouvement : la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel, et le retrait surprise de Sarah Knafo. Deux décisions qui, chacune à leur manière, racontent la même chose : la peur d’être accusé d’avoir fait perdre son camp.
L’alliance Dati-Bournazel… sans Bournazel
Ils avaient passé des mois à s’opposer frontalement. Elle le qualifiait « de la droite la plus bête du monde ». Lui promettait, « jamais, au grand jamais », de ne pactiser avec elle. Et pourtant, lundi soir, l’accord tombe. « Une majorité de Parisiens attendent le changement et l’alternance », justifie Pierre-Yves Bournazel sur France 2 en officialisant la fusion. Quelques heures plus tôt, il évoquait déjà l’ouverture d’une « discussion ». En réalité, en coulisses, la décision semblait devenue inévitable. Arrivé quatrième avec 11,34 %, le candidat Renaissance-Horizons n’était plus en position de peser seul. « La loi du nombre, l’arithmétique reprend ses droits », résume le sénateur centriste Loïc Hervé. Mais…
Auteur: Emma Bador-Fritche

