Anatomie d’un effort, ou comment déjouer notre tendance à la paresse pour bouger plus

On entend souvent dire que l’effort est perçu comme désagréable, chacun étant enclin à céder aux sirènes du moindre effort. Mais alors, comment expliquer que tant de personnes se lancent, par exemple, dans des marathons, en dépit de l’effort évident qu’implique cette activité physique ? En décryptant les trois phases de l’effort (avant, pendant et après), nous pouvons lutter contre notre tendance naturelle à la paresse.


Se creuser la tête sur un puzzle, monter un escalier, pratiquer une activité physique intense… l’effort est consubstantiel à nombre de nos actions. Sa perception influence non seulement notre motivation immédiate à agir, mais aussi notre engagement durable dans le temps.

Souvent vu comme un coût, l’effort peut constituer une barrière majeure à l’engagement dans des tâches exigeantes, qu’elles soient physiques ou mentales.

L’effort, une composante essentielle de nos comportements

Pendant longtemps, la recherche a considéré l’effort comme un coût à éviter, dans un monde où notre environnement permet de plus en plus de minimiser nos efforts. C’est dans cette perspective que nous avons formulé la théorie de la minimisation de l’effort en activité physique (theory of effort minimization in physical ou TEMPA), selon laquelle nous sommes naturellement enclins à une certaine paresse physique.

Pourtant, cette vision demeurait incomplète. Dans un même contexte donné, pourquoi certains d’entre nous s’adonnent-ils régulièrement – et parfois excessivement – à une activité physique, tandis que d’autres peinent à traduire leurs louables intentions en actions ? Certains travaux montrent que, si l’effort est souvent perçu comme aversif, il peut, chez certaines personnes et en fonction des situations, devenir une source de motivation, voire de plaisir.

Ce contraste illustre le

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Auteur: Boris Cheval, Associate professor, École normale supérieure de Rennes