Suprémaciste. Anatomie d’un parcours d’ultradroite, Elyamine Settoul, UniverCité Éditions, 200 pages, 15 euros.
En 2021, Kylian*, le fondateur du groupe Organisation des armées sociales (OAS), qui prévoyait d’attaquer des mosquées, des migrants et des personnalités politiques, était condamné à neuf ans de prison ferme. À partir de rencontres en prison avec ce dernier et de documents judiciaires, Elyamine Settoul, maître de conférences au Conservatoire national des arts et des métiers (Cnam), décrypte les ressorts de cette radicalisation et ses points communs avec le jihadisme, dont il est spécialiste.
Le prénom a été changé.
Dans le groupe OAS, il y a des références constantes à la guerre d’Algérie. Son sigle même renvoie à l’Organisation armée secrète. Comment la mémoire de la guerre d’Algérie est-elle mobilisée ?
Elyamine Settoul : L’Organisation des armées sociales (OAS) est un groupuscule d’une dizaine de personnes, dont environ les deux tiers ont un lien avec l’Algérie, en particulier française : un grand-père qui a fait la guerre d’Algérie ou des arrière-grands-parents pieds-noirs. Kylian, le leader du groupe, est quant à lui le descendant d’une Italo-Tunisienne. Dans ces familles, il y a eu une transmission du ressentiment, voire de la haine à l’égard des Arabes et des musulmans. Ces jeunes se sont inscrits dans un imaginaire de revanche, la guerre d’Algérie étant vécue comme une blessure.
Cette idée a été renforcée par une littérature d’extrême droite, notamment les écrits d’Anders Breivik [terroriste norvégien néonazi,…
Auteur: Pauline Migevant

