Autre façon de poser la même question : devrions-nous immédiatement passer par pertes et profits l’étrange André Pironneau, secrétaire général du journal L’Écho de Paris durant les deux décennies 1920 et 1930 ?
Cette affaire-là va nous mener très loin, beaucoup plus loin que quiconque aurait pu oser le penser, puisqu’il s’agit d’aller aux sources d’une légende apparemment intouchable pour la faire voler en éclats, et même bien au-delà.
Commençons tout doucettement en nous tournant vers ce livre publié en 2020 aux Presses universitaires de Rennes sous le titre Charles de Gaulle et l’irruption hitlérienne – Le gaullisme précurseur, 1932-1940, par Gilles Le Béguec, Jean-Paul Thomas et Jean Vavasseur-Desperriers.
Cela ne nous fera d’abord aucun mal, puisque les auteurs se gardent bien de dévoiler le « pot aux roses » : ils ne font que tourner autour, pour ne surtout rien nous en dire. Mais ils ne nous en auront pas moins montré le chemin, et c’est là un bien grand mérite.
Remarquons-le aussitôt : d’une certaine façon, l’Introduction rédigée par Jean-Paul Thomas nous dit tout… et « tout » cela, pour finir par ne rien nous dire du « tout »…
Ceci étant écrit, il faut bien partir de quelque chose. Eh bien, allons-y :
« La découverte exhaustive des articles d’André Pironneau a été pour nous un point de départ. » (page 19)
Nous y avons lu ces deux mots : « découverte » et « exhaustive ». Cinquante ans après la disparition d’un personnage aussi important que Charles De Gaulle, quelque chose aura été « découvert » et, jusqu’au dernier détail… Passons à la suite :
« Les sources étaient pour certaines fort accessibles (particulièrement depuis la numérisation par Gallica des principaux titres de la presse tombée dans le domaine public) ; à commencer par ce dont la découverte a été le déclencheur de notre recherche : les éditoriaux et articles de Pironneau…
Auteur: Michel J. CUNY

