Depuis qu’elle a quitté son bureau à la chancellerie, en 2021, Angela Merkel s’est très peu exprimée. En seize ans de pouvoir, l’ex-chancelière a connu quatre présidents américains et tout autant de présidents français. Elle s’est trouvée au centre d’événements essentiels, du Brexit à la crise de l’euro. De quoi nourrir une forte attente pour ses Mémoires. Sous le titre Liberté (1), ils sont publiés simultanément dans plus de 30 pays ce mardi 26 novembre.
Le livre a été écrit avec Beate Baumann, ex-cheffe de cabinet et proche de l’ancienne chancelière. Il démarre par une évocation de la jeunesse d’Angela Merkel. Sur un ton personnel dont elle est peu coutumière, celle-ci raconte une enfance heureuse en République démocratique allemande (RDA), en dépit de sa condition de fille de pasteur dans un État où la religion est suspecte. Elle apprend vite que la vérité privée n’est pas celle de la vie sociale.
Elle choisit de faire des études de physique, une science sur laquelle l’idéologie n’exerce aucune influence. Mariée une première fois à 23 ans, la jeune Angela entame une vie de chercheuse dans un institut de Berlin-Est. Elle a un bon niveau de russe et se rend régulièrement en Union soviétique, ce qui lui vaut notamment, dans les années 1980, un long séjour à Donetsk… Trente ans plus tard, elle passera toute une nuit, à Minsk, à tenter de négocier une paix fragile dans cette région avec Poutine.
Une femme de l’Est, sûre de ses valeurs
Au fil des pages, on revit avec elle les bouleversements qui suivent la chute du Mur, en novembre 1989. Elle a alors 35 ans. Divorcée de son premier mari, sans enfants, elle s’engage dans un petit parti, vite absorbé par l’Union des chrétiens-démocrates (CDU) et se dédie à la politique.
Comment cette jeune femme de l’Est a-t-elle pu s’imposer au sein de ce grand parti conservateur, dominé par des caciques de l’Ouest ? Les…
Auteur: Alain Guillemoles

