Lorsqu’elle était expatriée à Singapour, la ministre de l’éducation nationale, Anne Genetet, dirigeait une société spécialisée dans la formation et le recrutement du personnel de maison. Ses « conseils » pour gérer les domestiques ont fait polémique. Pourquoi sont-ils problématiques ? Le point de vue d’un professeur de philosophie qui a longtemps enseigné à Singapour.
Quelques heures après sa nomination, le 21 septembre, la nouvelle ministre de l’éducation nationale, Anne Genetet, faisait face à une polémique. En cause : des propos tenus concernant les « helpers » (ainsi que l’on désigne les travailleuses domestiques étrangères à Singapour) qui ont refait surface sur Internet.
Installée pendant plusieurs années dans la cité-état qui accueille le plus grand nombre de sièges sociaux d’Asie, Anne Genetet a prodigué des conseils à travers Help Agency, sa « société de conseil en recrutement et gestion d’employées de maison » à destination des expatriés.
Sur le site de son entreprise, aujourd’hui archivé, la ministre explique que les « “helpers” attendent une augmentation annuelle », et qu’il est important d’« ajuster le salaire de départ à votre capacité d’augmentations futures ». Sur les congés payés, il est rappelé qu’ils ne sont « ni obligatoires, ni recommandés : c’est laissé au libre choix de l’employeur ». En s’appuyant sur les recommandations du gouvernement singapourien, l’agence souligne l’importance de vérifier la situation financière de l’employée : « essayez d’évaluer son endettement : une candidate endettée est préoccupée dans son travail et va vous demander des avances sur salaire ».
Dispenser de telles formations pour les domestiques n’est pas illégal, mais la ministre de l’éducation est critiquée pour avoir donné des conseils dénigrants et relevant parfois du mépris de classe.
Les « servantes » à…
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Auteur: Xavier Pavie, Philosophe, Professeur à l’ESSEC, Directeur de programme au Collège International de Philosophie, ESSEC

