Lovée au tour de son lac et entourée de montagnes, l’agglomération d’Annecy se situe sur un territoire enclavé, qui contraint la circulation routière autour du lac et concentre les flux touristiques au sein du centre historique aux rues exiguës. La « Venise des Alpes » est une destination prisée qui accueille trois millions de visiteurs par an (lesquels consomment cinq millions de nuitées), pour seulement 215 000 habitants réguliers.
Le Pont des Amours, lieu incontournable où les touristes aiment prendre la pose, apparaît sur plus de 25 000 publications Instagram. Après la crise sanitaire, la ville d’Annecy et le pourtour de son lac ont connu un fort engouement du fait, notamment, de l’essor fulgurant du tourisme de proximité et de la surmédiatisation de cet écrin de nature.
Les résidents, au cœur des nuisances, voient leur qualité de vie affectée par ce surtourisme, et expriment de plus en plus une forme de « ras-le-bol ». Pour mieux comprendre le phénomène, nous avons mené une étude auprès de la population du bassin annécien.
À Annecy, le « ras le bol » des riverains
Pour cette étude, en cours de publication, nous avons mené 60 entretiens en plusieurs vagues distantes de la crise sanitaire (2020, 2021 et 2023). Les nuisances mentionnées, en augmentation, concernaient principalement :
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le bruit (de jour et le soir) occasionné notamment par les restaurants et les bars qui submergent l’espace public, parfois à la limite du respect des réglementations en vigueur, selon les résidents.
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Suit ensuite la congestion automobile, cycliste et piétonne (y compris du marché local),
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l’orientation des magasins vers le tourisme (magasins de souvenirs, restaurants de moindre qualité…) aux dépens des commerces de proximité,
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la dégradation du patrimoine,…
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Auteur: Isabelle Frochot, Maître de Conférences HDR – Comportement du Consommateur, Université de Bourgogne

