Fin août, pour la rentrée, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs prenaient les devants et proposaient un projet de loi « clé en main » à l’exécutif. Objectifs, entre autres : moins de normes, moins d’encadrement de l’utilisation des pesticides, faciliter l’irrigation. Les deux principaux syndicats agricoles expliquaient leur démarche par le manque de résultats « tangibles dans leur cour de ferme » depuis la crise agricole du début d’année.
Avec la nomination d’Annie Genevard (Les Républicains) comme nouvelle ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire, et de la Forêt, ces partisans du productivisme agricole semblent avoir été entendus. La désormais ex-députée du Doubs — elle était reconduite depuis 2012 — a repris les mêmes mots qu’eux dans son discours d’investiture, prononcé ce lundi 23 septembre. « Je vais faire en sorte que, dans les prochaines semaines, des résultats se voient dans les cours de ferme », a-t-elle promis.
Elle a également fustigé les surtranspositions de normes européennes et répété le slogan « pas d’interdiction sans solution » concernant les pesticides. Elle souhaite aussi « redonner du bon sens à toutes les règles, alléger la paperasse, réduire les interdits ». Autant de déclarations qui confirment sa proximité avec la FNSEA. Son suppléant, qui reprend son poste de députée, l’éleveur Éric Liégeon, a d’ailleurs été secrétaire général et vice-président de la FDSEA du Doubs.
Défense des mégabassines et des élevages industriels
Dans son allocution d’une dizaine de minutes, elle a également trouvé le temps de partager « le sentiment de révolte de certains face à des activistes qui détruisent les moyens de production et l’outil de travail indispensable pour nous nourrir », sans doute une référence voilée aux sabotages de mégabassines.
Des déclarations qui ne surprennent pas, au vu des positions prises de longue date…
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Auteur: Marie Astier

