Anora / Sean Baker / 2 h 19.
Elle se nomme Anora (Mikey Madison), héritage de son ascendance ouzbèque, mais préfère qu’on l’appelle Ani. Elle est travailleuse du sexe dans une boîte de Brooklyn, où se rend un garçon, Ivan (Mark Eydelshteyn) – qui se fait appeler Vanya –, un jeune Russe manifestement plein aux as, lequel devient pour elle, qui comprend sa langue, un client régulier puis particulier : il demande à la jeune femme de jouer sa petite amie pendant une semaine.
Sur le même sujet : « Anora », de Sean Baker (Compétition) ; « Château rouge », d’Hélène Milano (Acid)
Quand l’argent demeure un temps la monnaie d’échange entre eux, Ivan emmène Ani chez lui. Celle-ci n’en croit pas ses yeux : la maison a tout du palace. Ivan est le fils d’un oligarque. Ses parents sont à Moscou. Le jeune homme peut donner libre cours à ses envies. Alors qu’il a emmené Ani à Las Vegas, il lui propose le mariage, entre un rail de coke et une cuite au champagne. Incrédule, mais amoureuse et éberluée par toutes ces trépidations, celle-ci accepte.
Ce que le cinéaste met en avant chez Anora n’est pas un désir effréné de revanche sociale, mais une souffrance plus intime.
La première demi-heure du huitième long métrage de l’Américain Sean Baker (1) a tout du conte de fées – et le cinéaste ne lésine pas sur la durée de ce début pour installer cet état de fait. Un prince charmant vient extraire Ani-Cendrillon de son ruisseau (outre le type de travail qu’elle fait, ce sont des heures et des heures sans couverture sociale) et lui fait vivre une existence de luxe, d’oisiveté et de plaisirs. Ivan,…
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Auteur: Christophe Kantcheff

