L’IA est-elle devenue une arme géopolitique ? Le 12 juin, l’administration américaine a exigé d’Anthropic, l’un des leaders mondiaux de l’intelligence artificielle, qu’il coupe l’accès à ses nouveaux modèles Fable 5 et Mythos 5 à l’ensemble des ressortissants étrangers. Une décision sans précédent, prise au nom de « la sécurité nationale ». Trois jours plus tôt pourtant, la start-up américaine célébrait le lancement de Fable 5, présenté comme son modèle le plus performant accessible au grand public. Déclinaison de Mythos 5, réservé aux entreprises et aux infrastructures critiques, l’outil avait rapidement suscité l’enthousiasme des utilisateurs, qui multipliaient les démonstrations de ses capacités en ligne. Mais l’euphorie n’aura duré que quelques jours. Selon Washington, une entreprise serait parvenue à contourner certains garde-fous de sécurité intégrés au système. Une découverte qui aurait convaincu le secrétaire au commerce américain, Howard Lutnick, d’intervenir. Contestant l’analyse du gouvernement, Anthropic a néanmoins expliqué qu’il lui était techniquement impossible de réserver l’accès aux seuls citoyens américains. L’entreprise a donc choisi de désactiver temporairement ses deux modèles.
La fin du mythe d’une technologie sans frontières
Pour Bernard Benhamou, secrétaire général de l’Institut de la souveraineté numérique, l’affaire marque une rupture : « Nous…
Auteur: Emma Bador-Fritche

