Anti-impérialisme ou anti-occidentalisme ?

La contribution de Marlène Rosato, publiée le 9 juillet par Contretemps, intitulée « Sortir de l’anti-impérialisme moral pour désoccidentaliser la France », a fait l’objet de débats au sein de votre rédaction (comme vous l’avez indiqué dans votre introduction). En rédigeant cette réponse, je tiens à exprimer mon désaccord de fond avec les positions de cette camarade du point de vue d’un marxisme antistalinien, anti-impérialiste, défendant les droits des nations et des peuples opprimés, autrement dit, internationaliste.

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Impérialisme et domination

Dans la tradition communiste, la souveraineté nationale a été une conquête de la bourgeoisie progressiste, dont les nations opprimées et/ou colonisées ont été privées par l’impérialisme et la soumission de leurs propres élites. Lorsque ce sont les nations impérialistes qui s’en réclament, c’est toujours à des fins de domination. On se souvient du slogan : « La Méditerranée traverse la France comme la Seine traverse Paris ». Et si l’Empire français a perdu la bataille face au FLN algérien, la France conserve aujourd’hui tout de même douze territoires ultramarins comptant 2,3 à 2,6 millions d’habitants, des bases militaires en Afrique, en Asie et en Amérique, et plus de 11 millions de km² de zone économique exclusive (ZEE), ce qui fait d’elle la deuxième puissance maritime mondiale.

De leur côté, les impérialistes allemands et russes puisent aujourd’hui dans l’œuvre du politiste d’extrême droite Carl Schmitt pour se distancer de « la puissance navale » des empires maritimes anglo-saxons (et français) — « dispersée, déterritorialisée, fluctuante et financière » — auxquels ils opposent le Grossraum contigu, présenté comme « un bloc civilisationnel »[1]. Avant la Première Guerre mondiale, la Mitteleuropa, convoitée par le Deuxième Reich,comprenait l’Europe du Nord et du centre est, de la…

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Auteur: romain romain