Anticiper les changements climatiques pour protéger la biodiversité des zones humides

Les aires protégées jouent un rôle clé dans la conservation de la biodiversité. Alors que de nombreuses devraient voir le jour d’ici à 2030 suite à l’accord de Kunming-Montréal, il est essentiel de penser leur emplacement afin d’anticiper au mieux les futures menaces pour la biodiversité.

Ainsi, en Méditerranée, de très nombreuses zones humides menacées par d’importants changements futurs de climat et d’usage des terres ne sont toujours pas protégées. Cette situation pourrait compromettre l’adaptation au changement climatique des oiseaux qu’elles abritent.

Le rôle clé des aires protégées

Les aires protégées, telles que les réserves naturelles, les parcs nationaux ou le réseau des sites Natura 2000, sont des espaces qui permettent de conserver la biodiversité.

En effet, elles limitent localement certaines pressions d’origine humaine qui pèsent sur les espèces et leurs habitats, telles que l’artificialisation des sols, l’intensification des usages agricoles et sylvicoles, ou encore la chasse. L’application de ces mesures de protection facilite également l’adaptation des espèces au changement climatique.

Afin d’infléchir la courbe de la perte de biodiversité, les États membres de la Convention sur la diversité biologique ont adopté fin 2022 le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal. Ce dernier inclut un objectif ambitieux de protection de 30 % de la surface terrestre et marine d’ici à 2030 (« Objectif 30×30 ») qui devrait fortement inciter les pays à créer de nouvelles aires protégées. Un des enjeux actuels est donc d’identifier les espaces à protéger en priorité dans un monde soumis à de profonds changements actuels et futurs.

En toute logique, les mesures de protection devraient être appliquées en priorité aux espaces abritant une biodiversité à la fois riche, originale et particulièrement menacée. Cependant, par le passé, les aires protégées ont…

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Auteur: Fabien Verniest, Chercheur post-doctorant en biologie de la conservation, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

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