Une crise de « la vie chère » ?
2009 a ouvert un cycle de révoltes populaires dans les DOM qui, faute de réponses de l’Etat iront crescendo aux Antilles, prêtes à s’embraser à la moindre étincelle ces dernières années : destruction de statues, empoisonnement au Chlordécone, obligation vaccinale, affaire Pinto et « vie chère » aujourd’hui.
Par conséquent, traiter la crise sociale actuelle en Martinique uniquement sous le prisme de la « vie chère », et qui plus est, en agissant sur les « prix » alors que ce phénomène s’explique en grande part par les bas revenus, ne règlera en rien le mal profond qui ronge la Martinique, pressurée de tout temps à travers l’image séculaire du Béké et de toutes parts par un Etat en quête effrénée de ressources, en particulier dans ses anciennes colonies, pour compenser des allègements d’impôts somptuaires.
« Même prix qu’en France ! »
Mais quelles sont donc les marges de manœuvre pour lutter contre la « vie chère » en Martinique en agissant sur les prix de l’alimentaire comme le réclame aujourd’hui le Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC) ?
Faisons donc la comparaison entre les DOM et la Corse, un territoire insulaire, situé à 150 km des côtes françaises, où il n’existe pas de taxe locale à l’import. Selon l’INSEE, en 2022, comparativement à la France, les prix sont en moyenne plus élevés de 7% en Corse et de 14% pour les produits alimentaires. Difficile pour la Martinique de faire mieux que la Corse (!).
Selon l’INSEE, les écarts de prix entre les DOM et la France, varient de 9% à la Réunion (où le fret est moins cher) à 16% en Guadeloupe. S’agissant de l’alimentaire, les écarts se resserrent, ils deviennent de 37% à la Réunion contre 42% en Guadeloupe.
Pourquoi tant en Corse que dans les DOM, les écarts de prix dans l’alimentaire sont nettement plus…
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Auteur: dev

