Pour commencer, qu’est-ce qui fait qu’un Français se sent « Français » ? Il se raconte une histoire. Une histoire où il a l’impression d’avoir gagné quand une équipe de foot arborant certaines couleurs remporte une série de matchs. Il crie et hurle quand cette équipe a marqué, parce qu’il S’IDENTIFIE à cette équipe. L’équipe de foot prend une place dans l’histoire qu’il se raconte. Ce processus d’identification se produit chaque fois que nous écoutons ou que nous regardons une histoire. Et il se porte généralement sur le ou les personnages qui ont le bon rôle. Et à vrai dire, dans nos vies, nous faisons pareil : nous nous racontons une histoire dans laquelle notre personnage est « quelqu’un de bien », de respectable. Et parfois nous nous considérons comme tellement respectables que nous nous permettons de juger les autres, de décider de verdicts et de les appliquer nous-mêmes. Nous faisons tous ça.
Je ne dis pas que c’est mal de juger. C’est même nécessaire. Toute prise de décision nécessite un jugement basé sur les informations dont nous disposons à un instant donné. Le fait est que nous nous trompons très souvent dans nos jugements, parce que nous ne disposons jamais de toutes les informations pour prendre la bonne décision. Et des conséquences non souhaitées se produisent. Nous faisons des erreurs parce que nous avons encore beaucoup à apprendre. Ce serait acceptable si nous avions davantage conscience de nos propres limites et si nous apprenions à suspendre notre jugement tant qu’une prise de décision n’est pas nécessaire.
Le problème est que nous nous persuadons que nous avons absolument raison, que notre raisonnement est infaillible. Nous ne laissons plus de place au doute. Nous nous racontons une…
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