Avec plus de sept cent mille signatures, les opposants à la proposition de loi Yadan ont remporté une demi-victoire. In extremis, et alors que se profilait la perspective d’un nouveau revers politique, le gouvernement a retiré, le 17 avril, le texte qui prétendait lutter contre « les formes renouvelées de l’antisémitisme ». C’est la deuxième tentative de ce genre qui échoue, après la proposition d’origine sénatoriale du 10 octobre 2023. Mais le groupe Renaissance n’a pas pour autant rendu les armes.Un projet de loi sera en principe déposé par le gouvernement au mois de juin. On peut s’interroger sur une telle obstination. S’explique-t-elle par une volonté sincère de combattre l’antisémitisme, alors que notre arsenal juridique est déjà solidement pourvu, ou répond-elle à d’autres motivations ?
Le texte de Caroline Yadan apparaît pour ce qu’il est : une grossière opération de soutien à l’extrême droite israélienne.
Il y a dans ce débat un éléphant au milieu du magasin. Rien de moins que la situation au Proche-Orient. Ce qu’il ne faut pas avouer, c’est la corrélation entre un antisémitisme bien réel, et de toute façon inexcusable, et la politique israélienne. Il faut à toute force entretenir l’idée d’un antisémitisme ontologique, sans autre cause que la haine millénaire du Juif. Le génocide à Gaza, les raids meurtriers des colons contre les Palestiniens de Cisjordanie, les bombardements aveugles au Sud-Liban, où 55 villages ont déjà été rasés, tout cela commis par un État qui se définit lui-même comme « l’État-nation du peuple juif » ne serait pour rien dans la montée de l’antisémitisme.
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Cette décorrélation fait apparaître le…
Auteur: Denis Sieffert

