Un visuel antisémite, un rabbin molesté, une tribune raciste : que faire de tout ça ? Où chercher la lumière ? Peut-être ailleurs, à Istanbul et à Belgrade, où se joue le sort de la démocratie dans une terrible épreuve de force entre la rue et des autocrates. Des affrontements qui ont au moins le mérite de la clarté. Chez nous, la question de l’antiracisme baigne toujours dans une désolante confusion. Comment faire quand les camps sont retranchés dans la mauvaise foi ? Après la diffusion de la calamiteuse caricature d’Hanouna en « Juif Süss » (1), La France insoumise a fait « à peu près » ce qu’il fallait en retirant rapidement l’image délictueuse, mais trop d’amis ont qualifié l’affaire de « simple maladresse ». Et Jean-Luc Mélenchon, comme il en a la mauvaise habitude, a nié violemment l’évidence, hurlant au complot de l’extrême droite.
Film antisémite parrainé par Joseph Gœbbels en 1940.
Des milliers de militants de LFI s’en trouvent éclaboussés, alors que la faute n’a été commise que par une poignée de responsables irresponsables. Immédiatement, des analystes à l’affût se sont empressés d’établir un lien entre l’affaire du visuel et l’agression d’un rabbin dans une rue d’Orléans. Il n’y a pas de sot profit ! Le lien qui s’impose, hélas, dans la tête tourmentée de l’agresseur, est plutôt avec les massacres qui ont repris à Gaza. Le jeune homme a-t-il cru venger les Palestiniens en se « payant » un Juif ? Juge-t-il que tout Juif est complice des crimes de Netanyahou ? Voilà bien la définition même de l’antisémitisme et du racisme. J’attaque un homme pour ce qu’il est, ignorant ce qu’il pense. Et quand bien même « penserait-il mal » !
Le sionisme a…
Auteur: Denis Sieffert

