Apatridie : le HCR appelle à mettre fin à cette forme durable d’exclusion

Pour ces millions de personnes, l’apatridie n’est pas un simple statut administratif : elle peut suspendre une vie entière et enfermer des familles sur plusieurs générations dans un cycle d’exclusion et d’incertitude.

Sans nationalité, les obstacles peuvent commencer dès les premières démarches de la vie civile. Obtenir une pièce d’identité ou un passeport, aller à l’école, accéder aux soins ou travailler légalement peut devenir extrêmement difficile, voire impossible.

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), cette absence de reconnaissance juridique peut aussi se transmettre d’une génération à l’autre. Dans certains cas, l’impossibilité d’obtenir des documents empêche d’enregistrer une naissance, de se marier, de posséder un bien, d’ouvrir un compte bancaire ou de voyager.

Femmes et personnes déplacées face à de nouveaux risques

Les causes de l’apatridie sont multiples, mais certains mécanismes persistent : législations discriminatoires, lacunes dans les lois sur la nationalité ou encore privations arbitraires de nationalité.

Les femmes restent particulièrement exposées. Dans 24 pays, elles ne peuvent toujours pas transmettre leur nationalité à leurs enfants dans les mêmes conditions que les hommes.

Le changement climatique pourrait également aggraver les risques, notamment pour les populations déjà vulnérables.

« Déplacements forcés, catastrophes et perte de documents risquent d’exposer davantage les personnes déjà privées de nationalité et d’en faire basculer d’autres dans l’incertitude », a averti Elizabeth Tan, directrice de la protection internationale au HCR, lors d’un point de presse à Genève.

© HCR/Charity Nzomo
Une mère de Pemba, en Tanzanie, détient un certificat de naissance pour son fils de 5 ans qui atteste de sa citoyenneté.

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Auteur: Nations Unies FR