En soutien à cette initiative, nous publions l’appel à la grève lancé par des travailleuses et travailleurs du secteur culturel :
Dans la lignée de l’appel à la grève du 15 juillet par des travailleur.euses de l’art, nous, musicien.ne.s indépendant.e.s, appelons à notre tour à une action coup de poing. Suite aux révoltes liées à la mort de Nahel, au moins 3200 personnes ont été interpellées, et de nombreux avocats ont dénoncé l’aspect disproportionné de la réponse pénale : usage systématique des comparutions immédiates, peines lourdes allant souvent jusqu’à de la prison ferme pour des faits minimes… Les scènes de violences policières se multiplient alors que l’ONU épingle la France pour celles-ci et que le conseil de l’Europe s’alarmait déjà en mars dernier d’un usage excessif de la force en France. Les familles des victimes de violences policières, déjà marginalisées, se retrouvent de plus en plus nombreuses, sans ressources, comme condamnées à leur tour.
Nous, musicien.ne.s, sommes nombreux.ses à être horrifié.e.s de cette situation, et nous sentons bien qu’il nous est impossible de continuer notre travail normalement dès lors que les institutions et les médias brident directement notre liberté. Il est aujourd’hui nécessaire de réaffirmer que si notre art ne peut pas profiter aux franges les plus marginalisées de la population, auxquelles beaucoup d’entre nous appartiennent, alors il n’est qu’un pur divertissement, accomplissant l’exact inverse de ce que nous souhaitons : détourner les yeux de ce qui se passe aujourd’hui en France. En acceptant de taire nos revendications, nous jouons purement et simplement le jeu d’un système foncièrement raciste et classiste, pour qui l’art ne doit surtout pas faire de vagues. Nous refusons désormais que notre art reste inconséquent. C’est pourquoi il est nécessaire aujourd’hui que les artistes exigent des salles de concert elles-mêmes…
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Auteur: Rédaction

