Dans un appel récemment publié, l’Association Grèce France Résistance dénonce l’engrenage militariste en Europe et ses conséquences en Méditerranée orientale. Intitulé « Non à la guerre, oui à la résistance », ce communiqué met en garde contre le vaste programme de réarmement engagé par les gouvernements européens, dont le fardeau retombera sur les peuples, par l’austérité, la précarisation et le sang versé.
L’ordre mondial issu de 1945 se désintègre. Tandis que l’on invoque l’« union nationale », les auteurs de l’appel dénoncent un patriotisme factice au service d’intérêts industriels et impérialistes. Ils rappellent la célèbre phrase d’Anatole France : « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels », et y joignent les mots de Stratis Myrivilis (1890–1969) sur la « convulsion collective meurtrière » qu’est la guerre.
La Grèce au cœur d’une stratégie qui la dépasse
La Méditerranée orientale devient un théâtre de tension géopolitique majeur. Alliances militaires asymétriques, déploiement de bases étrangères, intégration dans la stratégie atlantiste : la Grèce est enrôlée dans des logiques qui ne servent ni sa souveraineté, ni sa sécurité. L’OTAN mène une guerre par procuration en Ukraine, et les puissances occidentales soutiennent le génocide contre le peuple palestinien à Gaza.
La situation est d’autant plus inquiétante qu’elle comporte un risque d’escalade nucléaire, alors que les puissances en confrontation – États-Unis, Russie, Israël – possèdent l’arme atomique. La Grèce, placée en position avancée, devient un pion exposé.
Une société précarisée, une économie affaiblie
Cet agenda militariste est imposé à une société grecque appauvrie, marquée par plus d’une décennie de mémorandums, de chômage structurel et de coupes sociales. La désindustrialisation du pays l’a rendue dépendante des importations et de…
Auteur: Orestis NIKIFOROU

