Ça pourrait être n’importe quoi.
Ça pourrait être la nouvelle « Marche verte ».
Ça pourrait être une crise de colère du roi du Maroc parce que l’Espagne est allée acheter du gaz directement à l’Algérie sans payer son « péage » à Rabat.
Ça pourrait être que la finale de la Coupe du monde 2030 se tiendra à Madrid, ou peut-être est-ce parce que l’Espagne accorde la nationalité aux descendants des Sahraouis.
Ça pourrait être les jérémiades de Netanyahou parce que l’Espagne condamne son génocide. Cela pourrait être la colère de Trump parce que l’Espagne ne consacre pas assez d’argent à l’OTAN, ou parce qu’elle refuse de laisser ses avions faire le plein avant d’aller bombarder l’Iran.
Ça pourrait être la politique « extrémiste, marxiste-communiste, bolivarienne » de l’Espagne, à l’origine de flux migratoires sans précédent.
Ça pourrait être l’arrêt de la Cour suprême qui a transformé des milliers d’enfants marocains en commentateurs juridiques des décisions rendues dans d’autres pays.
Ça pourrait aussi être le fait que plus d’un demi-million de personnes déjà présentes en Espagne viennent d’entamer une procédure de régularisation, et que cette rumeur, cet espoir, ce « s’ils y sont arrivés, moi aussi je peux y arriver », se propage comme une traînée de poudre.
Il est même probable que des mafias cruelles et sadiques jettent des gens à la mer sans le moindre scrupule, tirant profit du désespoir d’autrui.
Tout cela est possible.
Et honnêtement, peu importe, car tout cela explique la situation — mais rien de tout cela ne la résout.
Ce qui compte, aujourd’hui plus que jamais, comme toujours, c’est notre capacité — ou notre incapacité — à faire preuve d’empathie face à la souffrance d’autrui.
En 2025, les chiffres officiels faisaient état de cinquante morts sur les côtes de Ceuta. Est-ce que cela a fait la une de CNN ? De la BBC,…
Auteur: IAATA
