« Nous décrétons l’état d’urgence culturelle.
Ferments essentiels de la démocratie, les politiques publiques de la culture et l’audiovisuel public sont furieusement attaquées par les intégristes du libéralisme et les fanatiques du marché, avec une volonté d’accaparement. Elles le sont aussi par l’extrême droite qui cherche à installer son horizon populiste, nationaliste, autoritaire, masculiniste ou encore xénophobe.
Face à cela nous voulons faire vivre dans la société un mouvement qui réunisse les citoyennes, les citoyens avec les créatrices et les créateurs, les journalistes, avec les acteurs sociaux et politiques, pour mettre à l’ordre du jour une grande ambition culturelle.
L’état des lieux
Les budgets ministériels sont indigents et ceux des collectivités sont massivement ponctionnés. Les moyens de l’audiovisuel public sont constamment rognés et les tentatives d’en réduire le périmètre se multiplient. Dans le prolongement d’une interminable phase de crise, c’est un grand plan de licenciement et de privation du droit à la culture qui se met en œuvre dans le pays.
Mais le danger n’est pas uniquement budgétaire. Il s’exprime aussi par la volonté de plus en plus avouée de détruire les politiques culturelles, afin de faire place nette aux logiques marchandes, emballées dans du marketing et des faux-semblants. Il s’exprime par la volonté mise en actes d’imposer une culture dominante au rabais, niant la vitalité populaire, et conçue pour asservir. Il s’exprime par des logiques de surproduction de contenus, déjà décuplées par les mésusages de l’intelligence artificielle générative, qui font tourner la machine à clics et à cash, tout en occupant le temps et les cerveaux humains. Il s’exprime enfin par la volonté d’une mainmise sur l’indépendance de l’audiovisuel public, alors même que la concentration financière des médias privés est croissante.
Mais…
Auteur: Claude Morizur

