Depuis l’annonce du 49.3, la mobilisation contre la réforme des retraites a trouvé un second souffle. Grèves, blocages, manifestations diurnes, déambulations nocturnes se multiplient et s’intensifient. Dans une inquiétante fuite en avant, le pouvoir d’Emmanuel Macron fait le choix d’une surenchère de brutalité. Dans les rues, les escadrons de police rodent, intimident, frappent, interpellent et parfois même mutilent. Chaque jour, les réseaux sociaux divulgent de nouvelles images effarantes de l’abjection policière que certains de nos confrères osent encore qualifier de « dérapages ». A vrai dire, le gouvernement ne laisse que deux options au mouvement. La première, celle qu’il souhaite provoquer, consisterait à ce que chacun rentre chez soi plus ou moins terrorisé mais sûrement défait. La seconde, consiste à complexifier l’action de rue, déployer de nouvelles méthodes et stratégies pour esquiver la violence et approfondir la solidarité. Ce texte propose quelques pistes.
ENJEUX
Après avoir fait une apparition courageuse dans plusieurs villes le 7 mars, avant d’à nouveau s’éclipser partiellement les 11 et 15 mars, le Cortège de Tête a déboulé avec fracas dans les grandes villes le 23 mars, alimenté, enrichi, et rajeuni, par une semaine de manifestations sauvages continues, en particulier à Paris où la perspective de percer enfin vers l’ouest a galvanisé les manifestants. Le jeudi 23 mars dément l’opposition entre forme sauvage et forme de tête, et pose l’articulation stratégique des deux formes comme l’enjeu de la semaine à venir.
Le but de cet article n’est cependant pas de faire un retour sur toutes les implications de la journée du 23, certains le feront sans doute mieux, mais de faire une proposition pour contribuer à l’articulation des deux formes (sauvage et de tête). La proposition est l’organisation d’une seconde ligne stratégique, à vocation avant tout défensive, dans le cadre des manifestations de masse, lorsque le parcours est encore verrouillé par le dispositif policier et que l’enjeu est de le faire reculer pour le faire craquer. Cette proposition veut généraliser (et radicaliser) des pratiques et des intuitions déjà à l’œuvre, et se voit comme complémentaire du cortège festif et du travail des streetmedics. Au cas où un scénario de type 23 mars se reproduirait (cela n’est pas dit, cela dépendra aussi des parcours, notamment à Paris), le but est de créer les conditions dans la première phase de la manifestation (en cortège de…
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Auteur: dev

