Vos données vous appartiennent. Du moins, c’est ce que prévoit la loi européenne sur la régulation des données (RGPD). D’une part, elle limite la collecte de vos données par les entreprises privées à ce que vous avez consenti. D’une autre, elle vous permet de demander l’effacement total des informations vous concernant des serveurs de cet acteur : il s’agit du droit à l’oubli. C’est ce second volet qui nous intéresse ici, et son applicabilité dans le monde moderne. Si supprimer quelques lignes d’une base de données n’a rien de compliqué, la tâche devient nettement plus périlleuse quand l’intelligence artificielle (IA) entre en jeu.
En effet, des modèles d’IA de plus en plus complexes, fondés sur des réseaux de neurones artificiels, sont déjà déployés par de nombreux acteurs privés. Ces modèles ont besoin d’apprendre à partir d’un maximum de données pour être performants. Ainsi, la présence d’informations vous concernant dans les serveurs d’une entreprise implique souvent son utilisation pour l’entraînement de ses modèles d’IA. Dès lors, l’oubli de vos données passe de la simple suppression d’une ligne dans un tableau à une opération complexe s’approchant plus de la neurochirurgie appliquée à des « cerveaux » artificiels. Alors, comment réussir à faire oublier une information précise à un réseau de neurones artificiel ?
Oublier les données : des enjeux d’éthique et de vie privée
L’application au cas de la protection des données est importante, mais l’enjeu de l’oubli machine, également appelé désapprentissage, ne s’arrête pas là. L’utilisation d’informations protégées pour l’entraînement de réseaux de neurones artificiels est encore une zone grise aux yeux de la loi. Plusieurs cas de ce type sont en train d’être traités par la justice dans différents pays et ils pourraient marquer un précédent important pour le futur de la
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Auteur: Martin Van Waerebeke, Doctorant en (dés)apprentissage machine, Inria

