Alors que l’intelligence artificielle multiplie la palette d’outils numériques à disposition des enseignants, que sait-on de son efficacité dans l’apprentissage de la lecture ? Les nouvelles applications risquent-elles de remplacer les méthodes traditionnelles ou ce scénario relève-t-il de la science-fiction ?
L’intelligence artificielle (IA) s’infiltre progressivement dans le monde de l’éducation, notamment dans l’apprentissage de la lecture. De plus en plus d’outils numériques proposent en effet d’accompagner les lecteurs en herbe dans le déchiffrage de leurs premiers textes.
Alors que les données officielles font état de grands écarts de niveau entre les élèves et de difficultés importantes d’une part d’entre eux à l’entrée en sixième, que peut-on attendre de ces nouveaux appuis technologiques ? Sont-ils vraiment efficaces ? Peuvent-ils compléter les méthodes traditionnelles ? Risquent-ils de les remplacer ou cela ne serait-il qu’un scénario de science-fiction ?
Du décodage à la compréhension : un long apprentissage
Rappelons que la lecture se définit comme « l’action de déchiffrer un texte, d’en identifier les caractères et les mots pour en comprendre le sens ». Cela nécessite un apprentissage rigoureux qui implique de « développer des habiletés dans deux domaines : l’identification des mots écrits et le traitement du sens, pour la compréhension des textes ».
Avant de pouvoir comprendre un texte, il est crucial de maîtriser le décodage. Cela signifie associer ce que l’on voit (les graphèmes) à ce que l’on entend (les phonèmes). Par exemple, quand un enfant voit le mot « bateau », il doit d’abord identifier les graphèmes b, a, t, eau, puis les relier aux sons correspondants/b/,/a/,/t/et/o/. En combinant ces sons, il peut reconnaître le mot « bateau », surtout s’il l’a déjà entendu autour de lui.
Cet apprentissage commence par des règles…
Auteur: Xavier Aparicio, Professeur des Universités en psychologie cognitive, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

