Grabels (Hérault), reportage
Les mains noircies par le cambouis, Lucie vérifie le réservoir d’huile de son Peugeot Expert. Niveau OK. À ses côtés, Florence et Laurie changent délicatement une ampoule de phare, tandis que Floriane s’est glissée sous son Transporter T4, affectueusement baptisé « Maurice ». Plaquettes de frein, caoutchouc des amortisseurs… « Il y a un an, je n’y connaissais rien, et maintenant, je sais ce qu’est un soufflet de cardan », sourit-elle, en référence à cette pièce essentielle qui protège le dispositif mécanique.
Au total, iels sont une dizaine à avoir garé leur véhicule sur cette colline ventée de la périphérie de Montpellier. Certaines personnes sont novices, d’autres plus à l’aise avec les joints de culasse. Révision du moteur, check-up des roues… Objectif de l’après-midi : « Devenir plus autonome sur l’entretien de nos voitures et se réapproprier les savoir-faire techniques de base », précise Sarah, animatrice de cet atelier de mécanique auto singulier. Depuis trois ans, elle organise, avec l’association Les Déculassées, ces mini-formations en mixité choisie : elles sont réservées aux femmes ainsi qu’aux minorités de genre, comme des personnes non-binaires ou transgenres (voir notre lexique à ce sujet).
Autonomie et économies
Tout a commencé en 2017, par de mauvaises expériences avec des garagistes. « Quand j’ai voulu acheter une voiture, je n’y connaissais rien, et j’ai galéré », raconte Sarah. Elle prit alors la décision de se former. D’abord pour elle-même, en autodidacte : tutos en ligne, échanges avec un ami mécanicien. Assez vite, « on a créé une mailing list [une liste d’e-mails] pour organiser des ateliers méca, en informel, dit-elle. Et ça a eu beaucoup de succès : il y avait clairement un énorme besoin. »
Ce fut le déclic : en 2021, elle passa son CAP mécanicienne, en candidate libre. « La mécanique auto…
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Auteur: Lorène Lavocat

