Un papillon qui n’avait pas été vu depuis 1984
Ce petit papillon de jour au camouflage marron/gris est connu de l’Afrique du Sud et du littoral méditerranéen : Italie, Grèce et, en France, exclusivement dans le Var et les Alpes-Maritimes. Il n’avait plus été observé en métropole depuis 1984, ce qui en avait fait une espèce classée éteinte (RE) dans la liste rouge régionale réévaluée en 2024.
Ladite espèce fait également partie de celles ciblées par la déclinaison régionale du Plan national d’actions papillons de jour et zygènes. Il réside dans des milieux rocheux, chauds et secs. En France, il n’était historiquement connu que dans le littoral varois (83) et les Alpes-Maritimes (06).
« C’est une espèce plurivoltine. Contrairement à celles qui se reproduisent sur une seule génération, ce papillon le fait sur 3 ou 4 générations par an », explique le naturaliste Melvyn Guillot Jonard pour La Relève et La Peste.
Dans le cocon de la chenille a lieu la nymphose, c’est-à-dire la transformation en nymphe, appelée chrysalide, d’où elle ne ressortira que l’année d’après. C’est ainsi que naît la première génération de papillons. Ces derniers vont prendre leur envol et pondre des œufs. Les chenilles vont de nouveau éclore, manger, se nymphoser et redevenir papillons : un magnifique cycle vertueux.
Cependant, pour que ce processus puisse se faire correctement, deux plantes hôtes sont essentielles à ce papillon car elles nourrissent la chenille : l’Hyparrhenia hirta et l’Hyparrhenia sinaica, deux grandes graminées méditerranéennes.
« Le petit souci, c’est que les plantes vont sécher en plein cœur de l’été. Sur les falaises littorales des Alpes-Maritimes et du Var, en plein cagnard, tout va complètement sécher et il n’y a plus de feuilles vertes pour que la chenille puisse se nourrir », explique Melvyn, animateur régional du PNA en faveur des papillons de jour et des zygènes, pour…
Auteur: Liza Tourman

