Un parcours imprégné par l’histoire collective
Le remembrement s’est étalé de 1955 à 1975 et a supprimé 1 450 000 km² de haies dans toute la France. Un million de mares ou étangs ont été comblés et énormément de parcelles drainées. Il était censé regrouper des parcelles dispersées, optimiser l’exploitation agricole, faciliter la mécanisation et améliorer la productivité des terres.
En France, 50 % des zones humides ont disparu. Dans les Hauts-de-France, ce sont 80 % de ces dernières qui ont été perdues depuis la sortie de la guerre. Elles ont disparu principalement à cause de l’urbanisation, du drainage des terres et de l’intensification de l’agriculture.
« Quand une politique a réussi, c’est qu’elle a changé le monde et, puisque le monde a changé, alors il faut changer de politique », disait Edgar Pisani. C’est la citation qui porte Jérôme Sergent, paysan, dans son ambition de déployer l’hydrologie régénérative dans les Hauts-de-France après avoir subi huit inondations consécutives entre 2023 et 2024.
L’hydrologie régénérative contre le changement climatique
Ce paysan se définit comme « citoyen du monde » et « faiseur du pas de côté ». Il est le fondateur de l’association De Rives en Rêves, un écolieu nourricier et pédagogique situé sur la côte d’Opale.
« Les inondations que l’on a subies durant l’hiver 2023-2024 nous prouvent qu’il faut agir à l’échelle des paysages et ne pas se limiter à ses parcelles », explique Jérôme Sergent pour La Relève et La Peste. « Un axe de ruissellement en provenance des terres cultivées alentours coulait comme jamais nous ne l’avions vu. Toutes les précipitations se sont infiltrées sur nos parcelles. Cela a créé des phénomènes de résurgence de nappes. C’était à la fois éprouvant, mais aussi très riche d’enseignements », raconte-t-il.
Un besoin en émerge : celui d’un dialogue entre voisins, agriculteurs ou…
Auteur: Liza Tourman

