Les frappes russes qui ont touché Ternopil, Lviv et Ivano-Frankivsk – trois régions jusqu’ici relativement épargnées par la guerre – ont fait basculer les Ukrainiens dans l’évidence. « Aucune région du pays n’est en sécurité », a affirmé jeudi Kayoko Gotoh, à la tête de la division Europe et Asie centrale de l’ONU, lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité. Un constat partagé à l’identique par Philippe Leclerc, le directeur du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en Europe, qui affirmait quelques heures plus tôt que plus personne en Ukraine « n’est à l’abri ».
Selon les premiers bilans, au moins 26 personnes, dont trois enfants, ont été tuées dans les attaques de drones et de missiles à Ternopil. Plus d’une centaine d’autres ont été blessées dans l’ensemble des trois régions visées.
Un pays frappé aux portes de l’hiver
Les récits venus de l’Est comme de l’Ouest ont la même texture : celle d’une peur qui imprègne chaque geste du quotidien. Selon Edem Wosornu, du bureau onusien des affaires humanitaires, qui participait à la réunion du Conseil, des civils récemment évacués du Donbass, sur le front est, rapportent « un bourdonnement constant de drones au-dessus de leurs têtes, les empêchant de dormir et de se sentir en sécurité chez eux ».
À mesure que l’hiver s’installe, les frappes répétées sur les installations énergétiques plongent des régions entières dans une obscurité glacée. Mercredi, les attaques ont endommagé le réseau électrique dans sept oblasts ukrainiens – Tcherkassy, Tchernihiv, Dnipro, Donetsk, Ivano-Frankivsk, Kharkiv et Lviv –, entraînant des coupures de courant prolongées. « Ces coupures de courant deviennent plus fréquentes, privant les familles de chauffage et d’eau potable, des éléments essentiels à leur survie », a insisté Mme Wosornu.
Dans la capitale, Kiev, la situation est elle aussi…
Auteur: Nations Unies FR

