Après juillet

Cet article nous a été adressé anonymement (et en italien). Il revient sur le sabotage collectif du chantier du TAV (TGV) dans la vallée de Suse le 25 juillet dernier et vise à articuler une position, à la fois éthique et stratégique.

Nous prenons du temps pour clarifier un peu la situation et partager quelques considérations sur l’attaque du chantier du TAV le 25 juillet dernier.

Si nous avons décidé d’intervenir dans le débat public que nous percevons comme irrémédiablement hostile, orwelien et imperméable aux faits, c’est parce qu’il est nécessaire de dire quelque chose de sincère au sein de l’océan de mensonges et de discours creux – discours qui est urticant et toxique, quelle que soit la forme sous laquelle il se présente.

La version dominante de ce récit est martelée sous différentes formes : « dévastation » et pillage, des professionnels internationaux de la violence, une menace terroriste, etc. En vérité, il semble vain de gaspiller de la salive à répondre à de telles allégations, quand chaque mot perd son sens et se retourne même en son contraire. Qui, exactement, est en train d’être terrorisé ? Quel « spécialiste de la violence » intervient lors d’une manifestation massive dans laquelle des centaines de gens sont engagés pendant plus d’une heure dans l’invasion d’un chantier et l’affrontement qui s’en suit ?

La seule volonté de terroriser, évidente, est celle de l’appareil idéologique, policier et gouvernemental, qui envoie un message clair et ferme à la génération qui s’est politisée dans les rues pour Gaza : n’essayer même plus. Combattre dans la rue, résister à la police peut vous coûter extrêmement cher.

La réaction de la gauche n’est pas moins sévère. Ceux qui ont fait leurs premiers pas en manifestant contre ce monde catastrophique ces dernières années doivent sont soumis à une domestication continuelle, à base de traumas et de menaces….

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Auteur: dev