Une erreur, quelle erreur ? Le premier ministre François Bayrou vient pourtant de tomber lors d’un vote de confiance qu’il avait lui-même sollicité ce 8 septembre. Le centriste de 74 ans, allié historique d’Emmanuel Macron, achève un bail de neuf mois. Sans gloire. Il n’a pas réussi à faire accepter son plan austéritaire de 43,8 milliards dans le pays, sa cote de popularité a chuté à vitesse grand V, et le fragile « socle commun » qui le soutenait s’est effrité.
Bayrou assume-t-il ce bilan ? Pas vraiment. « Ce que dit le moment que nous vivons, c’est qu’il y a un chemin, et c’est le seul pour la France : celui de la vérité et du courage que l’on choisit ensemble », lance-t-il à la tribune lors de son discours de politique générale.
Après Bayrou, la gauche face à ses fractures Le départ de François Bayrou a révélé la fragilité de ce qu’il reste du bloc central. Emmanuel Macron, fidèle à sa méthode, cherche encore à repousser l’horizon d’une cohabitation que les équilibres parlementaires rendent légitimes. Mais cette fragilité du pouvoir ne profite pas à la gauche, trop occupée à se débattre dans ses divisions. À l’orée de la Fête de l’Humanité – Fabien Roussel est l’invité de notre dossier de cette semaine –, la gauche avait l’occasion de donner à voir une force recomposée, capable de parler d’une seule voix.
L’image projetée reste celle d’un attelage fragile, où chaque formation martèle sa différence plus qu’elle ne recherche le point commun. Le Nouveau Front populaire demeure une addition de sensibilités plus qu’un projet partagé. Jean-Luc Mélenchon, fidèle à sa stratégie…
Auteur: Lucas Sarafian

