Après la condamnation de Bolsonaro, le Brésil face aux forces réactionnaires

Partout dans le Brésil, des explosions de joie à l’annonce du verdict du Tribunal suprême fédéral : jamais dans l’histoire du pays la justice n’était allée aussi loin dans la condamnation d’une atteinte majeure à l’État de droit.

Jeudi 11 septembre, Jair Bolsonaro, ex-président du Brésil (2019-2023), a été condamné à 27 ans et trois mois de prison par quatre des cinq magistrats composant la première chambre de la plus haute instance juridique, pour des faits d’une extrême gravité : tentative de coup d’État pour se maintenir au pouvoir (après sa défaite face à Lula en octobre 2022), implication dans une organisation criminelle armée (qui prévoyait notamment l’assassinat de Lula), tentative d’abolition violente de l’État de droit démocratique, actions violentes contre les institutions.


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Dans un pays qui a connu une dizaine de coups d’État depuis son indépendance, c’est la première fois que ses instigateurs se voient punis. Au-delà même de la conclusion du cas Bolsonaro, qui focalisait toutes les attentes, le tribunal a également distribué des peines de 2 à 26 ans de prison à sept coaccusés comprenant de hauts gradés, alors que les militaires ont joui d’une impunité constante dans l’histoire du Brésil.

Lucidité

Parmi les prises de parole célébrant cette victoire de la démocratie, nombreuses n’ont pas manqué de la dédier aux personnes torturées et assassinées lors de la sinistre dictature (1964-1985), dont les responsables se sont auto-amnistiés en 1979, mais aussi aux centaines de milliers de victimes des turpitudes de Bolsonaro à l’occasion de l’épidémie de covid, des agressions contre les peuples autochtones…

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Auteur: Patrick Piro

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