Après la dissolution, le retour de l’inflation ?

Une vague d’inflation a submergé l’économie mondiale depuis 2022. Largement due aux crises énergétiques et à la guerre en Ukraine, ce mouvement de hausse des prix était sans précédent depuis les répliques du deuxième choc pétrolier au tournant des années 70 et 80.

Alors que le pire semble derrière nous en France, l’incertitude récente concernant la situation politique intérieure sème le doute quant à l’impact des mesures sur le pouvoir d’achat, qui ont pourtant contribué à contenir la hausse des prix. Quelles conséquences pourraient avoir les boucliers tarifaires ou les hausses de salaire promises par les uns et les autres, étant donné la trajectoire de la dette publique ? À moyen et long terme, de quelle façon ces mesures pourraient-elles atteindre la croissance et l’évolution des prix ?

Mais revenons à la période récente. En mai 2024, l’indice des prix à la consommation (IPC) est ressorti stable sur un mois, affichant une hausse de 2,3 % sur un an. L’inflation française se situe ainsi dans la moyenne de la zone euro après avoir été en dessous de nombreux pays européens au plus haut de la crise inflationniste. Ces bons résultats relatifs durant l’épisode inflationniste aigu de 2022 s’expliquent par le choix fort du gouvernement français de contenir la hausse des prix de l’énergie (gaz et électricité). L’instauration d’un bouclier tarifaire a limité l’impact de la hausse pour les ménages, comme l’a montré, après coup, la Cour des comptes. Toutefois, ce résultat a eu un coût budgétaire important : le gouvernement estime la mesure à 11 milliards d’euros pour le prix du gaz et, pour l’électricité, à 44 milliards d’euros nets en 2024.

Une hausse des prix de 80 % évitée

Sans le bouclier tarifaire, les prix du gaz auraient augmenté de +78,3 % au 1er mai 2022 par rapport au 1er octobre 2021. L’Institut national de la statistique (Insee) estime que le…

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Auteur: Gregory Gadzinski, Associate Professor of Finance, International University of Monaco