Le 13 septembre 2025, une manifestation appelée par une figure notoire de l’extrême droite fasciste anglaise, Tommy Robinson (Stephen Yaxley-Lennon, de son vrai nom) a réuni entre 110 000 et 150 000 personnes à Londres. Par son ampleur, sans précédent en Grande-Bretagne, cet évènement marque un saut qualitatif dans la capacité de l’extrême droite à mobiliser dans la rue, et constitue un nouveau symptôme de la résurgence fasciste d’échelle internationale.
Thierry Labica, membre de la rédaction de Contretemps, revient ici sur les origines et les significations de cette manifestation et de la montée du fascisme qu’elle signale, dans un pays où l’extrême-droite – bien que présente depuis longtemps – est longtemps demeurée groupusculaire.
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La manifestation du 13 septembre est d’autant plus significative qu’elle s’inscrit dans une dynamique forte de mobilisations d’extrême droite dans le monde anglophone. À Londres même, à l’appel du même « influenceur », 30 000 personnes avaient déjà défilé en juillet 2024. Des manifestations de même nature ont eu lieu en Irlande à plusieurs reprises depuis 2023 (récemment encore, en juin et octobre 2025 à Cork et à Dublin), ainsi qu’en Irlande du Nord (Belfast, mars 2025), ou encore, en Nouvelle Zélande (en juin 2025[1], au cri de « foi, drapeau, famille » et « pas assimilation, pas d’immigration ») et en Australie (le 1er septembre 2025).
À ces manifestations, il faut ajouter les journées d’émeutes, d’attaques racistes contre des centres d’hébergement de demandeurs d’asile, des commerces : ce fut le cas à Dublin en novembre 2023, dans une douzaine de villes à travers le Royaume Uni fin juillet-début août 2024, ou plus récemment en Irlande du Nord (Ballymena) en juin 2025.[2]
Parmi les divers facteurs et temporalités à prendre en compte, on pense à la trajectoire historique d’une vingtaine d’années dans laquelle…
Auteur: redaction

