Mourir pour un engagement politique, quel qu’il soit, l’idée est insupportable. Il faudra éclairer les circonstances exactes de la mort de Quentin Deranque, militant identitaire de 23 ans battu à mort en marge d’une conférence de l’eurodéputée La France insoumise (LFI) Rima Hassan, à Lyon. Le jeune homme accompagnait le collectif proche de l’extrême droite Némésis, venu protester contre la présence de l’élue Insoumise. Une enquête est en cours, notamment pour déterminer si d’anciens membres du mouvement « antifa » la Jeune Garde, proche de LFI et dissoute en juin pour ses actions violentes par le ministère de l’intérieur, se trouvaient sur place.
Les parents de Quentin Deranque ont appelé « au calme et à la retenue ». Sans attendre les premières conclusions, les réactions ont fusé de part et d’autre de l’échiquier politique, sans toujours tendre vers l’apaisement. « C’est l’ultragauche qui manifestement a tué », a ainsi affirmé le ministre de la justice Gérald Darmanin, pointant aussi les « discours politiques, notamment ceux de La France insoumise ». « LFI ne porte aucune responsabilité » dans le drame, a de son côté assuré le secrétaire national du parti, Manuel Bompard.
On est encore loin des affrontements minutieusement préparés dans les années 1970 et 1980 entre skins et antifas. Mais déjà, en 2013, la mort du militant d’extrême gauche Clément Méric sous les coups de militants de l’ultra-droite avait réveillé la crainte des violences partisanes. Hier comme aujourd’hui, le prix à payer pour ces jeunes et leurs proches est trop élevé. À quelques semaines des élections municipales et à l’aune d’une élection présidentielle qui s’annonce sous haute tension, la polarisation des positionnements idéologiques et la radicalisation des discours ne doivent pas faire le lit d’une violence politique dévastatrice. Il appartient…
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