En haut de la rue Fernand Léger, dans le XXe arrondissement de Paris, des murs viennent d’être recouverts de peinture fraîche. On distingue encore ce qui y avait été tagué en bleu : « RIP El Hacen Diarra tazé tué par la police ». Dans des rues adjacentes, d’autres hommages et des appels à témoin placardés sur chaque lampadaire. On voit le visage d’El Hacen Diarra, un homme mauritanien sans papiers, mort après une violente interpellation par la police la semaine dernière. Une semaine après, restent les banderoles déployées par ses proches lors du rassemblement de dimanche.
Des appels à témoins ont été placardés dans tous le quartier, avec le visage d’El Hacen. (Toutes photos : Pauline Migevant.)
Dans une chambre du 6e étage, où vivait El Hacen avec son cousin Moussa, un des délégués du foyer, Sylla, parle à la famille du trajet de la manifestation de dimanche. Elle doit partir du foyer et aller jusqu’au commissariat du XXe dans lequel El Hacen est mort, à 600 mètres de là. Ils sont en colère. Un moment d’absence les traverse par moment. Un de ses proches sert du thé. Il précise au passage que le soir du 14 janvier, avant d’être interpellé par la police, c’est El Hacen qui avait préparé la boisson, très sucrée comme il faut.
Le soir de sa mort, c’est El Hacen qui avait préparé le thé.
Pour parler via Whatsapp à sa mère et à sa sœur en Mauritanie, il empruntait le portable de ses proches, comme Keita. Assis sur le lit, ce dernier ne dit pas un mot. Il se lève pour diffuser le dernier message vocal qu’El Hacen a envoyé à sa mère. Son titre de séjour avait expiré, et faute de rendez-vous à la préfecture, il s’était retrouvé sans papiers et avait perdu son travail.
Il avait fait des faux documents pour travailler quand même, de temps à autre. Dans son dernier message, El Hacen la rassure lui disant que, malgré les difficultés, il va…
Auteur: Pauline Migevant

