Muttersholtz (Bas-Rhin), reportage
Au milieu de l’ail des ours, on aurait presque pu les louper. Douze plaques funéraires entourent un chêne qui se dresse majestueusement. Autour, se mélangent pêle-mêle érables, noisetiers, acacias, et hêtres. À leurs pieds, des urnes funéraires. C’est ici, dans le petit village alsacien de Muttersholtz, que la première forêt sanctuaire est née en janvier 2023.
Près du chêne, de la terre encore fraîche a été retournée. « C’est la sixième mise en terre ce mois-ci », explique Luc Dettwyler, l’adjoint au maire. Si une rose a été posée à l’occasion, la commune n’accepte pas les ornements en dehors des cérémonies. « C’est un non-entretien volontaire. Le but est que ça reste sauvage », confie Patrick Barbier, maire de Muttersholtz. Depuis l’inauguration, il y a un an, la municipalité a reçu des demandes de la France entière, « souvent des jeunes gens qui étaient proches de la nature ».
Ce mode funéraire est en effet plus écologique. Les cendres des personnes qui y reposent ont rejeté 233 kg d’équivalent CO2 dans l’atmosphère lors de la crémation, bien loin des plus de 1 200 kg engendrés par un enterrement traditionnel — il faut alors compter l’entretien des espaces où sont les sépultures, la construction d’un caveau, la pose d’un monument et le cercueil en bois. Les forêts funéraires, elles, permettent aussi à cette partie de la forêt et la biodiversité qu’elle abrite d’être désormais protégées de l’exploitation forestière.
« Un cimetière classique, c’est la société de consommation jusqu’à la mort »
Pour une concession de trente ans, il faut débourser entre 400 et 800 euros, soit le même prix qu’une concession traditionnelle. « On ne veut pas que ce choix soit économique », explique Patrick Barbier. C’est pourtant l’option la moins onéreuse, puisqu’elle n’implique pas l’installation d’un monument…
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Auteur: Clara Lainé, Fanny Lardillier

