On disait le syndicalisme moribond. Certains, le classant parmi les organisations « zombies », l’avaient même déjà enterré. De fait, la plupart des indicateurs tendaient à confirmer qu’en France, comme dans la plupart des pays dits « développés », le mouvement syndical était entré dans une phase d’hibernation depuis 40 ans : forte érosion du nombre de membres, opinion publique de plus en plus hostile, des conflits de moins en moins intenses, etc.
Néanmoins, à l’orée des années 2020, un ensemble de signaux témoigne d’« un printemps syndical », au premier rang duquel figurent les fortes mobilisations contre la réforme des retraites il y a quelques mois. Et le phénomène de revitalisation syndical dépasse assez largement les frontières hexagonales.
En juillet dernier, Marylise Léon, secrétaire générale de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), se targuait d’avoir enregistré près de 50 000 nouveaux adhérents au cours du premier semestre 2023. Dans le même temps, la Confédération générale du travail (CGT) et Force ouvrière (FO) ont connu un regain d’intérêt similaire
De façon générale, c’est l’ensemble des organisations syndicales qui a profité des mouvements sociaux du printemps dernier et qui se voit de plus en plus sollicité par les salariés, y compris par ceux qui travaillent dans des entreprises sans représentants du personnel.
Un retour en grâce mondial
Cette demande d’expertise syndicale s’accompagne également d’une amélioration de l’image des syndicats. En effet, les récentes enquêtes d’opinion montrent que les Français sont désormais plus nombreux à leur accorder une opinion favorable. Ainsi, les personnes interrogées seraient aujourd’hui 59 % à faire confiance aux syndicats pour défendre leurs intérêts, selon le baromètre d’image de Kantar réalisé en juin dernier.
Ce retour en grâce des syndicats est aussi…
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Auteur: Juliette Fronty, Maîtresse de conférence en Sciences de Gestion, Université de Toulouse III – Paul Sabatier

