Dans le wagon 18 du train de nuit entre Kyiv et Lviv, Maksym*, une tasse de thé à la main, est assis sur la couchette du bas. Son visage est marqué par la fatigue. Il porte une tenue militaire. Ce mardi 5 novembre, il a quitté les positions de son régiment d’infanterie dans l’est du pays à 5 heures du matin. Il rentre chez lui pour dix jours de permission. Concernant les élections états-uniennes, il n’avait « aucune attente ».
* Les prénoms suivis d’une astérisque ont été modifiés.
La victoire de Donald Trump, connue le matin même, ne lui « fait pas peur. Si on avait peur, on ne serait plus là. Ici, dit-il en pointant le paysage, ce serait déjà la Russie ». À côté de la fenêtre, Anton* et Roman*, 25 ans environ, sont face à face, militaires eux aussi. « Le problème, si on n’a plus d’aides, c’est qu’on ne pourra plus payer tout ce qui nous permet de tenir sur la technique. »
Ils travaillent comme mécaniciens dans l’aviation et sont préoccupés par la capacité de l’armée à financer les réparations du matériel militaire. Depuis 2022, l’assistance militaire des États-Unis, à hauteur de 60 milliards de dollars, a représenté plus de la moitié de l’assistance militaire totale.
Sur le même sujet : Que Trump va-t-il faire de sa victoire ?
Quelques jours avant les élections, les États-Unis avaient annoncé une enveloppe de 425 millions de dollars, comprenant notamment un équipement de défense antiaérienne, des véhicules blindés, des munitions pour l’artillerie ou encore des armes antichars. Ce qui inquiète les deux jeunes militaires, c’est de finir par manquer…
Auteur: Pauline Migevant

