Toulouse, correspondance
« Habitants du sud du Tarn […] pardonnez aux magistrats du tribunal administratif et à la rapporteure qui les a inspirés. » Ce n’est pas le pamphlet d’un élu, d’un militant ou d’un industriel dépité après l’annulation de l’autoroute A69, mais la plume de Lionel Laparade, directeur de l’information de La Dépêche du Midi, un journal local tiré quotidiennement à 100 000 exemplaires dans neuf départements d’Occitanie. Le directeur du journal lui-même, Jean-Michel Baylet, prend également position dans les colonnes de son quotidien : « Cette décision est proprement scandaleuse. […] La justice administrative ne grandit pas en prenant de telles décisions », écrit-il.
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Le 27 février, quelques heures après la décision du tribunal administratif de Toulouse d’annuler l’autorisation de l’A69, les pro-autoroutes étaient déjà en ordre de bataille. Lionel Laparade a rédigé dans la foulée un éditorial amer, débordant de populisme. Le journaliste s’est mué en représentant autoproclamé des Sud-Tarnais dans le quotidien régional, face à des magistrats qui ne connaîtraient rien au Tarn et qui bénéficieraient d’une « existence toulousaine faite de déplacements à vélo cargo pour leur trajet domicile-travail » et d’une « sécurité de l’emploi ».
Lionel Laparade l’affirme : « Ils ne sont pas comme vous », avant de faire un parallèle entre l’abandon de l’autoroute et « le maire rural qui regarde le rideau de son cabinet médical se baisser pour toujours, ou l’exode de sa jeunesse vers une vie plus confortable ailleurs ».
Au bas de l’article, un utilisateur commente : « Lionel Laparade, quelle est votre légitimité pour parler au nom de tous les habitants du Tarn ? » Une question qui…
Auteur: Justin Carrette

