Paris, reportage
Comment poursuivre le mouvement « Bloquons tout » dans la durée ? La question était sur toutes les lèvres, le 10 septembre en fin d’après-midi. Partout en France, 175 000 personnes ont manifesté, selon le ministère de l’Intérieur — 250 000 d’après la CGT. À Paris, la journée, émaillée de manifestations sauvages et de tentatives de blocage du périphérique, s’est achevée sous la pluie, mais dans une ambiance jeune et festive, sur la place des Fêtes, dans le 19e arrondissement. Des milliers de personnes se sont rassemblées pour célébrer et envisager la suite.
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Quand on lui pose la question, abrité sous la tonnelle d’un commerce, Aymeric réfléchit, puis dit simplement : « Il faut la grève générale. » Au centre de la place, sous un parapluie, Selma développe davantage. Elle explique espérer que le mouvement « Bloquons tout » devienne un moment récurrent. « Les Gilets jaunes, c’était tous les samedis, tout le monde le savait, et c’est ça qui a permis de durer dans le temps, pense-t-elle. Il faut que ce mouvement soit récurrent, et pas forcément dès demain ou toute la semaine. »
Selon elle, le fait qu’un appel à la grève nationale ait déjà été lancé le 18 septembre permet justement d’anticiper et de « maintenir la détermination ». Un avis partagé par Pierre, plus loin sur la place : « Les Gilets jaunes ont eu plus d’impact, ils ont été plus entendus que les grèves sur une journée. Il faut continuer dans la durée. »
Pour maintenir la pression, Mariane estime aussi qu’un travail de communication doit être poursuivi. « Il faut continuer d’informer et de s’informer sur les réseaux, affirme-t-elle. Il faut maintenir cet énervement, comme on l’a fait pendant les élections législatives [de 2024] par exemple. »
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Auteur: Justine Guitton-Boussion, NnoMan Cadoret

